Embruns, de Louise Mey.

embrunsUne petite bombe de 336 pages.

 » – Ce second roman de Louise Mey nous off…
– Comment ? C’est seulement son second roman ? Vous êtes sûre ? Parce qu’avec un style pareil, on l’imagine plutôt en habituée des présentoirs en librairies !
– Oui, elle est douée, très douée, et justement là j’aimerais continuer ma chronique, merci ! »

Donc, avec ce second roman, Louise Mey nous offre un pur thriller dans le style et un pur bonheur dans la forme.

Mais reprenons du début.

Le livre s’ouvre sur un prologue court, sombre, angoissant et glaçant, qui nous laisse imaginer une lecture à venir crue et violente. Les frissons sont là, et on n’a qu’une hâte, savoir.

Puis le premier chapitre arrive. Et là, changement total de décor. Nous voici sur la route, en chemin pour un long week-end familial, avec Chris, le père (naturellement charmeur et professionnel à la réussite éclatante), Béa, la mère (incarnation de la femme parfaite, qui gère famille et carrière d’une main de maitre), et Bastien et Marion, leurs enfants, respectivement 20 et 17 ans, polis, intelligents, et très soudés. Ce sont les Moreau. Représentants sur terre de la famille parfaite. Ils sont beaux, ils sont riches, ils sont parisiens, les parents s’aiment comme au premier jour… Et, de toute évidence, la perfection se transmet dans les gènes, car leur descendance montre tous les signes d’un futur aussi rayonnant que celui de leurs géniteurs.

Leur destination : une petite ile bretonne, sauvagement gardée par ses habitants et dont l’accès est plus que surveillé. Mais, quand les Moreau veulent, les Moreau ont.

Et pendant que nous, lecteurs, nous demandons comment, et surtout pourquoi, nous sommes passés d’un cadre aussi noir, à un portrait de famille aussi éclatant, Louise Mey nous prépare tranquillement à vivre un week-end on ne peut plus cauchemardesque. Parce que, rien, absolument rien, ne va se passer comme prévu…

Déjà, admettons-le, dès l’arrivée sur l’ile, les autochtones nous semblent étranges, voire inquiétants… Mais les Moreau ne voient rien. Parce que les Moreau sont les Moreau, les autres leur sont forcément inférieurs, et donc ils n’ont pas à s’en soucier. Sauf que…

Sauf qu’au retour d’une balade, à laquelle Marion n’a pas pris part, préférant restant à l’abri dans la maison (la pauvre petite souffre d’une phobie que vous découvrirez), pour préparer le repas, ils trouveront la maison vide. Plus de Marion. Et, en lieu et place du plat fumant escompté, un couteau ensanglanté. Débute alors pour les Moreau une chasse de tous les instants pour retrouver leur fille (et soeur). Mais qui chasse qui ?

Là encore, l’auteure nous prend dans ses filets… On se doute bien que rien ne va être simple dans cette histoire. Surtout lorsque l’on se souvient du prologue. Serait-ce le point de convergence ? Peut-être, peut-être pas…

Au fur et à la mesure que la nature profonde des différents protagonistes se révèle, la tempête s’abat sur la petite ile paradisiaque, au propre comme au figuré. Et tout va aller vite, très vite. Des chapitres courts, une narration sans perte de vitesse, des situations toutes plus angoissantes les unes que les autres…

Et nous sommes, nous lecteurs, malmenés par Louise Mey, comme le sont les personnages par la météo. Car, pour ma part du moins, impossible d’aimer les habitants de cette ile, mais encore plus impossible d’aimer les Moreau. Autant les premiers sont trop rugueux, autant les seconds sont trop lisses… Et c’est là un autre tour de force de l’auteure ! Dans l’incapacité de nous identifier à l’un d’eux, notre imagination nous fait craindre tout le monde, nous privant donc de tout répit.

Jusqu’à la première révélation. Magistrale. Inimaginable, et donc génialissime. Un virage à 180°. Les indices auraient pu… Les indices auraient dû… Sauf que non, nous n’avions rien vu venir.

Impossible d’en dire plus sans dévoiler ce qui ne doit pas l’être.

Je terminerai donc en disant que c’est un excellent thriller, servi par une plume diaboliquement efficace. Un vrai régal. Une auteure dont je ne connaissais pas l’écriture (honte à moi, oui je sais, mais dès le lendemain j’ai été acheter les Ravagé(e)s, rassurez-vous), mais que je vais suivre avec assiduité.

Fnac

Amazon

Page FB de l’auteure

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s